Et le Terrible Three, on en parle?

Terrible Three

Le Terrible Two, le Terrible Two… Ah ça on en parle. Beaucoup même. Que ce soit dans les magazines, sur les blogs, dans la vie de tous les jours, on nous prévient que cette phase de crises est une période charnière où l’enfant commence à affirmer son “MOI”.

Alors ouep, c’est top hein. L’enfant prend conscience qu’il est un être à part entière capable de faire des choix et de prendre ses propres décisions. Notre enfant grandit et comme toujours nous en sommes fiers même si cela veut dire que ce ne sera pas facile tous les jours.

Personnellement, le Terrible Two ne nous a pas paru si terrible que ça. Oui, le mot NON était devenu la première réponse à tout pour MllePanda. Tu veux manger? = non!, Tu veux aller à la douche? = non!, Tu veux de chocolat? = non! (bon là généralement c’était suivi rapidement par = Je veux du chocolat!!!). Malgré tous ces “NON”, Mlle restait une petite fille calme et sans crises (ou presque).

Avec un peu de dialogue, l’opposition ne se transformait pas en conflit et en lui donnant la possibilité de choisir elle même une solution cela se déroulait calmement.

Tu viens te laver? = Non! D’accord, tu veux prendre un bain ou une douche? = Une douche

Tu veux t’habiller = Non! C’est Papa ou Maman qui t’habille ? Papa

On va faire les courses = NON! C’est maman qui t’aide à mettre tes chaussures ou Mlle toute seule = Toute seule!

Ajoutez à cela un ton ferme mais doux lorsqu’il n’y avait pas de négociations possible (danger, interdiction) et voilà notre façon de faire. Ce n’était peut-être pas la meilleure solution, mais pour nous cela fonctionnait et nous permettait de vivre plutôt sereinement.

Mais ça c’était avant. Avant le TERRIBLE THREE!!!

Alors je sais que le Terrible Two ne se passe pas juste à 2 ans hein. Cela peut débuter aux alentours des 18 mois et se prolonger jusqu’au 3 voir 4 ans de l’enfant.

Nous sommes donc sûrement encore dans ce Terrible Two, mais après plusieurs mois sans non,  sans opposition ferme ni rébellion, nous pensions en être sortis… Quelle erreur!

Depuis ses 3 ans (il y a 5 mois maintenant), la pressiona commencé à remonter doucement.

Les Non sont revenus, gentiment au début puis se sont accentués. Les “négociations” sont devenus inutiles (non à toutes propositions), la communication impossible (MllePanda passe en mode faux pleurs digne d’une sitcom AB production, voir même en mode sirène ouinOUINouinOUIN!!!).

Elle refuse qu’on lui parle, qu’on la touche. Bref, The Crise!!! Et pire! Avant, durant la phase du Terrible Two, l’opposition ne se faisait qu’avec nous! Sauf que maintenant Mlle s’affirme aussi avec les autres et donc à l’école.

Il faut avouer qu’une part de moi en était contente au début, car notre Mlle toute douce, toute gentille et délicate n’osait pas trop s’imposer auprès de ses camarades et j’avais un peu peur qu’elle se fasse bouffer. Mais plus d’inquiétude pour ça. MllePanda est la coqueluche de sa classe et ses camarades l’adorent. La maîtresse aussi.  Enfin, au début lol. Non, elle l’aime toujours, sauf quand Mlle  a décidé de faire sa tête de mule et qu’elle refuse de faire son travail, qu’elle tient tête à la maîtresse et qu’elle se braque. Tout ça pendant 15 minutes pour, finalement, faire en 5 minutes et comme il le faut, ce que font les autres depuis le début.

C’est bête mais, quand je parle de ses crises à l’école, je ne cesse d’avoir cette petite voix dans ma tête qui dit : Parfois à l’école, ils oublient qu’ils n’ont que 3 ans, ce sont encore des bébés et on leur en demande beaucoup niveau adaptabilité sans forcément prendre en compte leur propre rythme et évolution. Pouahhh, le discours bien pensé mais que bizarrement, arrivée à la maison, j’oublie totalement alors que moi je n’en ai qu’une à gérer (bientôt deux) et pas 26! 

Non, mais plus sérieusement. Il est vrai que bien souvent, on oublie que ce ne sont que des petits. Ils nous paraissent parfois si grands, indépendants, autonomes, évolués etc qu’on en oublie que, même si ils sont capables de comprendre beaucoup de choses, ils n’ont pas encore la maturité émotionnelle pour arriver à tout gérer et comprendre comme nous.

Je le sais pourtant. Mais entre la théorie et la pratique, plus facile à dire qu’à faire.

Et pire! Car moi je suis grande et adulte, et incapable d’appliquer ce que je demande à une enfant de 3 ans!

L’avantage maintenant, c’est que nous sommes deux. PapaPanda est là et je ne suis plus seule à gérer. En plus, nous sommes complémentaires, ce qui est une bonne chose même si cela ne se passe pas encore comme il le faudrait. Nous ne craquons pas au même moment et pour les mêmes raisons. Quand PapaPanda voit que je perds le contrôle et que je ne gère plus, il prend le relais et m’envoie me calmer. Lui (même si la pression est là) m’ayant vu m’énerver arrive plus facilement à garder son calme et donc évite l’escalade des cris (Oui, je sais je prône la bienveillance, j’y travaille mais j’en suis encore loin). Et inversement, quand je vois PapaPanda monter trop vite en pression, j’interviens à mon tour pour le relayer et tenter de désamorcer la crise.

Parfois quoi que nous fassions, l’un ou l’autre, la seule option est de la laisser pleurer, crier jusqu’à ce qu’elle s’arrête d’elle même car d’un coup elle réalise qu’elle ne sait même pas pourquoi elle se met dans cet état.

Il y a plein de livres, plein de bons conseils pour nous aider à gérer ces situations, mais parfois j’ai l’impression que toutes ces belles paroles font abstraction de notre condition d’adultes.

Je sais pertinemment que la parentalité positive est avant tout un travail à faire sur soi, en tant qu’adulte et que tant que celui ci ne sera pas réalisé, l’application dans la vie de tous les jours est difficile. Et personnellement (mais cela n’est que mon avis alors s’il vous plait pas taper), je pense que c’est un travail qui se fait et s’applique plus facilement dans un certain cadre de vie.

Personnellement, j’arrivais beaucoup plus facilement à gérer les difficultés (malgré le fait que j’étais MamanPresqueSolo), lorsque je ne travaillais pas où que je travaillais à temps partiel. Le quotidien n’était pas toujours rose et tout aussi épuisant, mais moins de pression dû a des  impératifs de temps ou à une journée de tension à l’extérieur dans un mode d’adulte (où je me suis adaptée pendant 10h à des comportements d’adultes et où en 10minutes je dois me reconditionner pour une enfant de 3 ans).

Alors, je ne dis pas que l’éducation bienveillante toussa toussa c’est bon que quand on est parent au foyer (papa ou maman), et ne dit nullement que leur quotidien est plus facile que celui de ceux qui travaillent. Je dis simplement que pour moi cela est un peu plus facile à gérer et surtout à travailler. Une fois ce mode de fonctionnement bien ancré en nous, je pense que quelque soit la situation, l’application devient plus simple. Mais en phase d’apprentissage, pour moi glisser entre le monde des adultes et des petits n’est pas encore une chose naturelle (comme le fait d’arriver à redescendre en pression après une journée de travail pour enchaîner sur la deuxième à la maison).

La fatigue, le stress, la pression du quotidien envenime cette phase que nous vivons.

D’ailleurs, je le vois bien une fois les vacances arrivées, le repos plus présent, tout le monde est plus détendu et comme les enfants sont des éponges (et certains parents aussi), on voit de suite la différence.

Bref, tout ça pour dire, que l’on parle beaucoup de ce Terrible Two, mais en fait, je pense que chaque age, chaque période de l’évolution de nos enfants est propice à une phase difficile d’une manière ou d’un autre. Si ce n’est par le conflit, ce sera d’une autre manière.

Nous sommes en plein Terrible Three et j’espère qu’il s’arrêtera bientôt afin que nous puissions souffler un peu avant l’arrivée de la prochaine période qui risque d’être difficile à gérer pour elle malgré nos préparations… L’arrivée de bébé2!

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