Dépression prénatale et si j’ouvrais les yeux.

(Billet perso, sans relecture, sans correction orthographique, sans même faire un visuel. Juste mes mots).

On parle souvent de dépression postnatale, de baby blues de burn out post partum, mais la dépression prénatale est peu connue voir tabou.

Bah oui, pourquoi être dépressive lorsque la plus belle chose au monde vous arrive.

Pendant longtemps certain on même pensé que les hormones de la grossesse protégeaient les mères de l’état dépressif.

On peut accepter, tolérer, comprendre qu’une future mère puisse faire une dépression prénatale lorsque les conditions de la grossesse ne sont pas favorables: grossesse pathologique, grossesse en solo, dépression pré grossesse, grossesse non désirée…

Mais lorsque dans l’absolu tous les voyants sont au vert et que la grossesse est désirée… Comment accepter cet état.

Comment aujourd’hui, je dois affronter et surtout accepter que non ça ne va pas et que ce n’est pas qu’un coup de mou.

Pourtant cette grossesse était plus que désirée. Elle était tant espérée, attendu presque une obsession.

Mais dès le début, il y a eu un couac. La joie de cette formidable nouvelle a été entacher pas un nuage noir.

L’annonce. Pas à PapaPanda ni à MllePanda. Mais à celle qui fut la meilleure amie pendant plus de 15 ans. Celle qui a tout partagé avec moi pendant des années et qui est en essaie bébé en vain. Qui ne peut y arriver sans aide et à qui j’ai peur de faire de la peine… Sauf que ce fut pire que ce que je pensais.

J’ai été en colère contre mes copinautes à certaines de leurs annonces surtout après ma fausse couche de juin et je m’en suis voulue de ma réaction alors je me doutais que cela ne serai pas facile. Mais je ne m’attendais pas à ça. « Cela va te paraître choquant mais désolée pour toi. Je pense que c’est une erreur… » voilà comment commence sa réponse et c’est la partie la plus gentille… Et les derniers mots échangés depuis (plus de nouvelles, elle m’a supprimé des réseaux, 15 ans d’amitié balayés, ce fut la Maraine de MllePanda.)…

Si elle me lit (ce que je doute) cela rajoutera une raison à sa colère de me cracher à la gueule, car non, cela n’a rien à voir avec sa peine, c’est juste moi qui fais une erreur hein.

Bref, même si je sais que c’est sa douleur qui parle (oui, je reste sur cette idée bête et conne), prendre ses mots dans la face par une des personnes qui comptent le plus pour toi n’aide pas à prendre un bon départ.

Ne plus oser partager sa joie de peur de blesser l’autre et de se prendre un mur en pleine face. Vivre ce bonheur seule avec cette part de culpabilité et cette voix qui te dis pourtant que ce n’est pas ta faute.

Puis viennent les désagréments de la grossesse, la fatigue, les nausées qui affaiblissent mais qui ne diminuent pas pour autant la charge de travail (autant professionnelle que personnelle).

Tirer encore et encore sur la corde, sourire et faire bonne figure car on a pas le droit d’être faible, on a pas le droit de ne pas y arriver.

Les mois avancent et le poids des kilos est finalement ridicule à côté de celui qui pèse sur nos épaules.

On dit “ça ne va pas top” , “j’ai du mal” ou “je n’y arrive plus” mais cela est “normal” on est enceinte, puis les hormones etc..

On essaie de demander de l’aide mais elle n’est pas entendue, elle est minimisée. Elle est normalisée alors on l’accepte et on se dit qu’on exagère et on se remet un coup de pieds au cul.

Jusqu’au jour où la limite est atteinte, et on tombe…

L’effort de trop, le problème de trop, la goute de fatigue de trop, la canicule ou n’importe quelle autre raison et on s’effondre.

9 mois. J’entame mon 9ème mois avec 18h de pleurs. Le trop plein, les appels à l’aide non entendu ont eu raison de mon énergie vitale.

Je n’ai plus le goût de rien.

Je ne veux pas que cette grossesse se termine contrairement à beaucoup de femme enceinte dans leur dernière ligne droite. Je veux aller au bout même si je ne savoure pas cette grossesse.

J’ai adoré être enceinte de MllePanda. J’ai rêvé de revivre ça pendant 3 longues années. Et aujourd’hui je suis triste, je suis déçue… Je n’ai pas aimé être enceinte cette fois. Je n’ai pas savouré comme je l’aurai voulu, alors que cette fois PapaPanda était là tout le long, que MllePanda vit ça avec tellement s’enthousiasme.

Tout aurait dû être parfait et pourtant, même si ce n’est pas encore fini je n’ai pas au jour d’aujourd’hui un seul bon souvenir de cette grossesse. Un seul événement marquant qui me donne le sourire. Seulement un sentiment de difficulté et de tristesse.

Les hormones et la fatigue jouent mais ce n’est pas tout. Cet état n’est pas “normal”. Ce n’est pas un simple coup de mou, un ras le bol général dû aux conditions climatiques ou des colères de MllePanda. Ce n’est pas que la fatigue accumulée à cause d’un pseudo burn out familial à devoir tout gérer, tout penser, tout faire car même en demandant, même en lâchant prise et en envoyant bouler cette fameuse charge mentale rien ne se fait, rien n’avance si je ne le fais pas.

18h que je pleure, que je suis à bout de force physique et mentale mais je sais que cela ne sera toujours pas pris en compte. Que cela restera dans les esprits un jour ou deux car j’ai vidé mon sac ou plutôt vomi tout ce que j’avais sur le cœur depuis des mois, que j’avais dit gentiment mais pas assez fort apparemment pour être entendu…

Mais dans quelques heures cela sera oublié, je reprendrais un peu de force et je serai à nouveau seule. Je serai à nouveau face à ce tourbillon dont tout le monde se fout car c’est à moi que cela arrive et que cela ne les impacte pas.

Alors aujourd’hui, j’accepte mon état. Je reconnais que je suis malade et je mets des mots dessus.

Je l’écris et le crie haut et fort en espérant que cela me donne la force d’aller chercher l’aide ailleurs vu qu’ici on ne me l’offre pas.

Je l’écris en me disant que de le voir écrit peut être que cela sera plus réel pour les autres.

Je l’écris pour ne pas pouvoir m’auto convaincre que ça va.

C’est un premier pas, me faire aider reste le plus dur.

Après une grossesse parfaite, je vis cette dépression prénatale comme un échec. Cette dernière grossesse me laissera un goût amer qui j’espère disparaîtra au moment de la délivrance…

11 réflexions sur “Dépression prénatale et si j’ouvrais les yeux.

  1. Val dit :

    Les paroles de ton “amie” ont sûrement donné un “ton” à cette grossesse dès le début, dès l’annonce (inacceptable selon moi malgré la douleur de ce qu’elle vit) … Et la suite n’a pas aidé.
    Je pense que tu devrais demander à ta SF de consulter un psy avant l’accouchement ; et peut être avoir une consultation pour Mlle Panda pour mettre des mots sur ce qui ne va pas (parfois, on est tellement dedans qu’on ne voit plus, qu’on n’y arrive plus ; ma fille toute petite était très dure avec moi et en fait, ça venait tout simplement d’horaires décalés entre son papa et moi et c’était sa façon de gérer ses émotions ; son père rentré, je n’existais plus ; mais en peu de temps, le psy a su mettre des mots, nous expliquer les raisons et remettre les choses à plat niveau émotionnel.
    Pourquoi ne pas essayer ?
    Et il faut que PapaPanda réalise toute ta difficulté en ce moment …
    Je te fais plein de bizoux virtuels mais non moins chaleureux et aimerais pouvoir faire plus.

    • Maman Panda dit :

      Comme tu le dis, ses propos ont été inacceptables pour moi même si je peux comprendre sa colère et sa douleur. Pas après 15ans. Le silence aurait été préférable et m’enfoncer moi pour dire que le problème ne vient pas d’elle n’est pas passer.

      Je sais que c’est pas elle qui parle. Qu’un jour elle réalisera sûrement ce qu’elle a dit… Le jour où elle acceptera sa situation… Mais en attendant ses paroles ont raisonné et raisonnent encore en moi car c’était comme une sœur plus importante que certaines personnes de mon propre sang.

      Bref…

      Pour MllePanda j’essaie de la faire parler, dessiner, s’exprimer mais je suis effectivement peut être trop dedans pour y arriver… Sur ce point là peut être aussi il nous faudra de l’aide. Ou alors c’est simplement mon état qui joue sur ma tolérance et son attitude est normale et je ne gère pas comme je devrais je ne sais pas…

      PapaPanda j’aimerai qu’il réalise que je n’y arrive pas. Que gérer mes affaires, celles de la petites et la totalité des siennes ce n’est plus possible. Je ne peux pas travailler 41h15 (quand je reprendrai après mon congé mater) et être sa comptable, sa cuisinière, son assistante perso, sa cuisinière, sa gestionnaire pôle emploi et j’en passe.) je ne peux plus penser à tout et je n’ai plus le temps et la force de tout faire…

      Bref… Je suis mal, je le reconnais et j’ai besoin de travailler sur moi… Mais je pense que je ne suis pas la seule car mes efforts uniques ne seront peut être pas assez.

      Bisous

      • Val dit :

        Pour PapaPanda, tu fais une liste “ce que je fais”, “ce qu’il fait” et tu lui demandes de faire pareil de son côté ; ensuite, vous comparez et vous en parlez.
        Si écrit, ce serai peut-être plus parlant pour lui 😉 Il faut le faire car après, on se laisse déborder et on est à bout de tout faire (je connais et je le pratique depuis bien trop longtemps 🙁

  2. Famille Tout à Dire dit :

    Je me doutais mais comment faire pour t’aider ? Comme tu le dis malheureusement si tu ne le dis pas, ne le fait pas, personne ne le verra ou agira.. Parles en à ta sage femme pour qu’elle puisse t’aider.
    Ok ton amie souffre mais cela n’excuse pas certaines choses et certains mots si cinglants.
    Je suis là, si tu as besoin.

  3. family Herisson dit :

    Vraiment triste, tout coeur avec toi si tu as besoin n’hésite pas, vis ta grossesse pour toi et ta petite famille, tampis pour cette personne qui était ” sois disant ta meilleure amie ” moi c’était pareil mais pas la même histoire et durée d’amitié mais mon ex meilleure dés que j’étais enceinte était comment dire contente mais on c’est plus revus, plus de contact d’un seul coup elle me critique et tout maintenant que j’en ai trois parce que pour elle un couple avec RSA trois enfants bref la totale…. Maintenant je l’ai rayé je vis pour nous. toi ce que tu vis est fort, vis pour vous pour ce petit bout qui va aggrandir votre famille, si tu as besoin va consulter ma belle. courage a toi. Elle a était méchante elle s’en mordra les doigts .

  4. Audrey dit :

    Coucou, ton écrit est plein de tristesse, de souffrance et de culpabilité. Je te connais pas, tu me connais pas, pourtant, ça me fait mal au cœur de lire ce post. Une naissance désirée c’est merveilleux et personne ne devrait te faire culpabilisé de ce bonheur. Ton ”amie” à le droit d’être triste et en colère, mais pas contre toi. Tu n’y es pour rien. Elle devrait se réjouir pour toi. 😕 Je sais que tu te poses pleins de questions, que les hormones te jouent des tours et que c’est pas facile de tout gérer, surtout quand tu déprimes. Mais je pense que tu as déjà fait une part du travail en mettant un nom dessus. En effet, un psy pourrait t’aider à supprimer cette dépression. Il t’ecoutera et t’aidera sans te juger. Et crois-moi, pense à toi, à ton bébé et ta famille, c’est ce qui importe le plus. Bon courage ! ❤️

    • Maman Panda dit :

      Coucou,
      Désolée de ne répondre que maintenant. J’essaie de me reposer et de prendre un peu de recul en ce moment.

      Je pense que j’ai garder trop de chose au début de la grossesse et la canicule m’a achevé (10 jours que je ne dors plus et 5 jours qu’on a jusqu’à 32 la nuit dans les chambres et que quoi qu’on fasse cela ne descende pas)…

      Je suis quelqu’un qui a besoin de parler et de sortir ce qu’elle a sur le cœur… Mais se plaindre d’une chose merveilleuse reste difficile car au final on a peur de s’en prendre plein la tronche…
      Je sais la chance que j’ai de cette grossesse et j’ai de bons moments comme des difficiles… Mais ne pas avoir oser parler avant des choses qui me pèsent au final je pense m’ont fait plus de mal qu’autre chose. Et les paroles de mon “ancienne meilleure amie” que j’ai gardé pendant 6 longs mois pour moi ont résonné tellement qu’ils m’ont pourri le moral même si au fond je sais que je n’y suis pour rien.

      En tout cas merci pour ton message… ❤️

  5. Mamounette à l'ouest dit :

    Oh je te comprend. J’ai vécu la même choses pour ma grossesse mais pas pour les mêmes raisons. Je me sentais si mal d’être au plus bas au lieu d’être cette femme enceinte épanouie que tout le monde voulais que je sois. J’avais des moments de bonheurs, heureusement. .. mais tellement d’heures à pleurer. Surtout la nuit. J’essayais d’être discrète mais il m’arrivait de réveiller mon homme qui ne savait plus quoi faire.
    Courage. Tu n’es pa seule a traverser ça, tu as le droit et tu n’as pas à avoir honte. 😘

    • Maman Panda dit :

      C’est ça… J’ai de bons moments et je les savoure… Mais la fatigue qui s’accumule entre tout (et là maintenant la canicule avec le manque de sommeil depuis 10 jours et les +32 la nuit dans les chambres ont fait exploser la cocotte minute).
      Mais c’est tellement mal vu d’oser se plaindre d’un tel bonheur que comme tu le dis on la joue discrète et au final ça nous fait plus souffrir que si on osait dire les choses…
      Et le fait d’avoir oser exploser m’a fait du bien. De poser des mots sur ma douleur et sur le fait que cette grossesse si attendu n’est pas la grossesse idyllique que j’espérais… Ça m’a énormément soulagé…
      Surtout quand je lis des messages comme le tiens qui me permette de savoir que je ne suis pas la seule (même si je le sais au moins cela devient réel et donc me permet de me dire que je suis normale et que c’est pas toujours tout beau tout rose).

  6. Caro - Wondermumbreizh dit :

    Quel courage tu as de nous en parler ici. Je suis sincèrement désolée pour ton amie, pour elle et surtout pour toi. Ces mots ne sont pas ceux d’une amie et même si comme tu dis ce sont les mots de la douleur et de la tristesse, quand on est amies depuis aussi longtemps on y met les formes, on se comprend et on fait les choses correctement.

    Plein de courage pour finir ta grossesse plus sereinement, mais poser des mots sur les maux font beaucoup souvent.

    • Maman Panda dit :

      Je pense que j’aurai dû avoir le courage d’en parler plus tôt… Mais par respect pour elle, pour ne pas l’afficher (même si personne ne la connais et ne sais qui c’est) j’ai garder pour moi ces mots qui ont résonné encore et encore. Et qui après 15 ans d’amitié même si je savais que ce serai dur m’ont fracassé car je ne m’attendais pas à une telle méchanceté même si je connaissais sa douleur (enfin d’après elle cela n’a rien à voir hein… Dans ce cas j’aimerai savoir ce que j’ai pu faire pour mériter de telles paroles lol. Bref)…

      La canicule et la fatigue accumulée depuis des mois ont fait exploser tout ce que j’avais sur le cœur (accentué par les hormones sûrement). Et avoir vider mon sac m’a déjà énormément soulager…

      Ça et vos messages rassurants loin des mauvais jugements dont j’avais peur, d’oser me plaindre d’une chose si merveilleuse qu’est la grossesse…

      Alors merci sincèrement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *