Mon frère, aujourd’hui je te dis tout.

Mon frère. Il y a bientôt un an, à l’ouverture de mon blog suite à mon article pour les 2 ans de MllePanda (ici) ,  je t’avais promis de t’écrire un petit mot pour toi aussi.

Bientôt un an et je n’ai toujours pas réussi à poser mes mots, mais aujourd’hui c’est ton anniversaire. Tu as 17 ans déjà et je me dis que c’est peut-être l’occasion de te dire ce que j’ai sur le cœur.

Oui, beaucoup le font pour les 18 ans mais je pense que nous avons déjà perdu assez de temps comme ça.

Il y a 18 ans, je t’ai détesté avant même que tu viennes au monde. Je t’en voulais car, pour toi, je ne pouvais plus partir, car je ne pouvais risquer de te laisser là, seul. Je n’avais que 14 ans, mais je savais depuis longtemps ce qui arriverait si je partais maintenant. Alors je suis restée.

J’ai trouvé la force à ta naissance. J’ai trouvé la force de rester grâce à tes sourires, à tes câlins et tes grands yeux bleus qui me regardaient avec tant d’amour.

Pendant 2 ans je suis restée pour toi, j’ai été la pour toi. Pour tes premiers sourires, puis tes premiers fous rires… Pour tes premiers pas et ton premier maman que tu m’as offert alors qu’il n’aurai jamais dû m’être destiné.

Mais plus le temps passait, plus la fatigue me rattrapait. Malgré mon amour pour toi, je n’avais plus la force… Et il y a eu la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. La crise de trop, celle qui a fait que mon “instinct de survie” a pris le dessus et qui m’a forcé à penser à moi avant tout. Effectivement, je ne pourrais pas vous aider si moi même j’étais au fond du trou. Il fallait que je remonte pour pouvoir vous tirer vers le haut et non vous enfoncer avec moi.

Alors je suis partie. Et ce fut atroce… Vraiment.

J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps pendant des mois. Je m’en voulais tellement de t’avoir abandonné. On avait beau me dire que j’avais pris la bonne décision, je ne m’en remettais pas. Je n’avais plus le droit de te voir, de te parler, tu n’avais plus de sœur c’était ses mots (enfin quand elle parlait de moi, tu avais toujours PtiteSoeur).

Je culpabilisais. Je pleurais à chaque fois que j’essayais de faire un pas vers vous mais que je m’en prenais plein la gueule sans même pouvoir vous atteindre. J’avais peur que vous me haïssiez, j’avais peur de te perdre à jamais.

J’avais mal, mais il fallait que je reprenne le dessus. Il fallait que je me reconstruise pour, un jour, pouvoir être là pour vous et vous expliquer les raisons de mon absence. Pour m’excuser.

Il m’a fallut, pour arrêter de pleurer, me mettre des barrières, fermer certaines portes de mon cœur pour ne plus souffrir. Il a fallut que je me détache de vous. Mais surtout de toi. Il fallait que j’arrête de te pleurer comme mon fils. Tu n’étais “QUE” mon “DEMI-FRÈRE” (il fallait que je me trouve des raisons d’accepter de mettre cette distance nécessaire pour avancer).

Alors je me suis laissée croire que je ne ressentais rien, que tu n’étais pas si important. Et j’ai réussi à m’en convaincre. Tellement, que les années sont passées à une vitesse telle que je ne t’ai pas vu grandir sans même y penser.

J’ai grandi seule de mon côté tout comme toi. J’ai travaillé sur moi et j’ai accepté (mais pas pardonné). J’ai réussi à passer outre tout cela et à agir en adulte.

Je suis revenue. J’ai essayé de recoller les morceaux et une fois de plus de prendre le rôle de la mère, celle qui fait en sorte que ça se passe…

J’ai essayé de ne plus me laisser atteindre par elle mais surtout de reprendre ma place à tes côtés. Mais cela m’a été impossible. Non pas à cause d’elle cette fois ci, mais bien à cause de moi.

Tu avais maintenant 7 ans, et tu étais devenu un inconnu. Tout d’abord par ses 5 années loin de toi, sans te voir évoluer, mais surtout par cette distance que j’avais pris vis à vis de notre relation. J’avais mis de telles barrières en moi que ta présence me devenait presque difficile.

J’essayais mais ce n’était pas naturel. Un rien de toi avais le don de m’agacer comme si mon esprit avait vraiment tout fait pour que je ne te pleure plus.

C’était dur pour moi. Et sûrement pour toi aussi. Avec ta timidité et ton côté réservé, tu essayais de venir vers moi mais, j’étais partie tellement longtemps et surtout tellement tôt dans ta vie que finalement je n’étais personne. J’étais ta sœur, mais ce n’était qu’un mot rien de plus.

Ce ne fut pas simple pour moi. Je ne sais pas pour toi mon frère car nous n’en avons jamais vraiment parlé, tu es bien trop pudique sur ces sentiments et je n’ai jamais voulu te forcer la main.

Il aura fallut 10 ans pour arriver à rattraper ces 5 longues années loin de toi.

Il aura fallut 10 ans, mon frère, pour que nous retrouvions ce lien.

Ce fut surtout les épreuves qui nous ont rapproché. Elle nous a séparé et c’est sa folie qui nous a aidé à briser la glace.

Aujourd’hui, tu es là. Tu partages avec nous notre quotidien, tu partages nos repas et nos journées. Tu es plus présent dans ma vie depuis cette dernière année que durant les 10 ans qui sont passées et j’en suis ravie.

Petit à petit, tu t’ouvres à moi, à nous et j’espère qu’un jour le passé restera derrière nous et arrêtera de nous hanter.

Il m’est encore difficile de te dire certaines choses, mais saches que je suis là et que tu peux tout me dire.

Parfois, j’aimerai pouvoir faire tellement plus pour toi. J’aimerai moi pouvoir te protéger, pouvoir t’offrir la vie normale dont j’ai toujours rêvé pour nous et j’espère que tu pourras un jour créé ta vie rêvée. Je t’y aiderai autant que possible.

Je ne sais pas comment faire, ni quoi dire. Je suis encore maladroite mais je sais maintenant que ça va aller. Car mon frère, je t’aime.

 

5 réflexions sur “Mon frère, aujourd’hui je te dis tout.

  1. Mouleflex dit :

    Ah bah bravo, je pleure dès le matin devant ton si joli texte. C’est une belle déclaration d’une soeur à son frère.
    J’espère que tout ira bien entre vous désormais et que les parasites de la vie ne se mettront pas entre vous. ❤️

    • Maman Panda dit :

      Ah ben non je ne voulais pas te faire pleurer de bons matins… 🙁 Nous faisons en sorte maintenant de ne plus rien laisser se mettre entre nous… Même si ce n’est pas encore facile. Merci

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