Allaiter et travailler, est-ce vraiment compatible?

Allaiter est pour moi indissociable de ma vision de la maternité, mais travailler est important pour ma vie de femme. Alors comment réussir à allier les deux?

Lorsque je suis tombée enceinte de MllePanda c’était pour moi une évidence. Je l’allaiterai. Enfin, c’est ce que je voulais et j’espérais au plus haut point pouvoir le faire, tout en gardant à l’esprit que cela ne pouvait pas être certain (en cas de problème médical important etc).

Je me moquais de ce que pouvait dire les gens (et dieu sait qu’ils en ont à dire). Et, même si parfois leurs conseils/avis étaient lourds, je savais au fond de moi que c’est ce que je voulais et ce qu’il y avait de mieux pour Mlle comme pour moi (Là encore aucun jugement sur les biberonnantes, comme je dis toujours : Mieux vaut un biberon donné avec amour qu’un sein sans envie, le bébé le ressent et cela n’a rien de bénéfique ni pour la mère, ni pour bébé).

L’aventure lactée avec MllePanda aura duré 10 mois (elle a pris mon sein la dernière fois le jour de ses 10 mois). Ce fut une superbe aventure pour moi (pour elle aussi je pense mais je ne peux pas parler à sa place et apparemment elle ne se souvient pas de grand chose de cette époque là). 10 mois que j’aurai bien prolongé mais ma reprise professionnelle au 9 mois de Mlle et son goût pour la nourriture de grand ont eu raison de notre allaitement.

Enfin, c’est une des raisons. Car avec le temps j’ai compris que la raison principale était surtout mon manque d’information et de soutien.

À l’époque, je ne savais pas grand chose au sujet de l’allaitement. Pour moi c’était naturel et donc ça se faisait tout seul. Je prenais de temps en temps des tisanes d’allaitement sans vraiment savoir pourquoi ou comment. Je ne connaissais pas le rythme naturel de bébé et donc parfois j’étais un peu dans l’incompréhension face à ses réactions et je n’ai pas forcément eu les bons gestes.

Maintenant avec le recul et ce que je sais, je me dis que, avec tous ses freins, on s’en est plutôt bien sorti.

Alors, quand l’envie de Bébé2 c’est fait sentir, l’envie d’allaitement est arrivée de paire. Sauf que cette fois, je voulais être mieux informée, mieux préparée pour commencer et vivre cette aventure lactée et surtout pour affronter la reprise du travail le plus sereinement.

Et oui, pour Mlle j’ai eu la chance de ne reprendre mon activité professionnelle qu’à ses 9 mois. L’allaitement était bien installé et Mlle était déjà en DME (Diversification menée par l’enfant), la fin de l’allaitement était donc moins grave (enfin dans l’absolu car même si sur le moment j’ai bien vécu le sevrage, un certain goût amer de regret est apparu rapidement après).

Pour MiniPanda, ce n’est pas la même. La reprise s’est fait juste après ses 3 mois (et encore car j’ai eu la chance de reporter 3 semaines de congé pré-maternité en post maternité sinon cela aurait été 2 mois et demi comme normalement pour un 2ème enfant).

Donc là, impensable pour moi d’arrêter l’allaitement si tôt!!!

MiniPanda sera sûrement le dernier, et je vivrais vraiment mal un sevrage prématuré que ce soit par la coupure de ce lien magique et privilégié que par l’interruption de la transmission de ce qu’il y a de plus adapté pour l’alimentation de bébé: Mon lait.

Cela me ferait vraiment mal au coeur.

Mais pas que. Bah oui, personnellement l’allaitement est un plaisir mais il y a d’autres avantages pour moi. Le fait de ne pas avoir à se lever la nuit pour faire les biberons (bah ouep, bébé en cododo, je le mets au sein à moitié endormie, sans avoir à me réveiller vraiment), pas besoin de transporter des kilos de lait en poudre, de bouteilles d’eau minérale etc, si on est bloqué quelque part Mini a toujours à manger. Et puis soyons honnête, le compte en banque s’en porte mieux aussi.

Mais comment arriver à pérenniser cet allaitement en reprenant le travail si tôt. Comment s’organiser pendant que je suis au travail, d’autant que je fais 41h15/semaine avec une amplitude horaire de 7h45/18h00!!! (avec seulement 30min de pause repas).

Alors oui, j’ai mes mercredis après-midi à partir de 14h30 et les vendredi après-midi après 14h00 en plus de mes week-end et des vacances scolaires… Mais Mini a 3 mois et ça il s’en fout, lui il veut manger tous les jours (bon ça normal en même temps ) et pas seulement quand JE suis disponible.

Comment donc allier allaitement et reprise du travail dans ses conditions.

De nombreuses femmes l’ont fait avant moi, avec plus ou moins de succès. Cela dépend de beaucoup de choses. Tout d’abord du travail que l’on fait, du mode de garde de l’enfant mais aussi de la façon de nourrir bébé pendant les absences de Maman et bien sûr l’age de l’enfant joue également beaucoup.

La première option et la plus courante est de tirer son lait afin que bébé le prenne au biberon en l’absence de maman.  Seulement, pour moi plusieurs problèmes… Le premier étant que, autant je suis une vache laitière avec une bonne production pour mes enfants, autant le tire lait n’est pas mon ami et je ne tire pas grand chose. Même en commençant les réserves tôt, le stock risque de vite se tarir. Et en plus il y a le risque de confusion sein/tétine.

Voilà encore une chose que je ne connaissais pas pour MllePanda et pour cette fois c’était un mal pour un bien. Je m’explique.

La prise du sein et du biberon n’est pas la même et la succion non plus. En introduisant le biberon (ou la sucette), la façon de téter de bébé peut changer et donc causer des problèmes dans l’allaitement (douleurs, crevasses etc causées par une mauvaise prise du téton car bébé ne tète plus par un mouvement de langue mais par aspiration comme sur le biberon), mais il se peut aussi que bébé se mette à apprécier plus le biberon (débit fixe et plus ou moins important, pas de problème de REF ou de mise en route en mode autocrine). Il existe donc des alternatives possible au biberon: donner à la tasse à bec dur, à la cuillère, au verre, à la seringue, etc… Mais selon l’âge c’est plus ou moins contraignant il faut le reconnaitre et selon le mode de garde plus ou moins accepter (beaucoup malheureusement n’ont pas envie de se prendre la tête).

Pour Mlle, je n’étais pas informée de tout ça et dès sa première semaine, nous avons introduit un bibi de mon lait (le peu que j’arrivais à tirer) afin de l’habituer en prévision de ma reprise professionnelle. Par chance, il n’y a pas eu de confusion et elle a bien pris l’un comme l’autre sans que notre aventure lactée n’en pâtisse.

Je ne sais pas si cette confusion existe réellement, comment la gérer etc (et à la base je comptais faire la même chose avec Mini, mais en apprenant ça, même si tout c’est bien passé avec Mlle, une certaine appréhension est là).

Aujourd’hui Mini n’accepte pas vraiment le bibi et même si cela est embêtant une part de moi se dit que ce n’est peut être pas plus mal pour notre allaitement, même si je sais aussi que cela pourrait très bien se passer.

Bref, c’est une solution le tirage sauf que bah je ne tire pas des masses. Que mon tire-lait n’est peut être pas top, que les téterelles ne sont peut-être pas adaptées. Je n’en sais rien et je n’ai pas les moyens d’en tester d’autres donc tant pis.

J’ai fait un peu de stock mais pas assez pour le nourrir et à la maison c’est tellement la course quand je rentre que je n’ai pas le temps de tirer et que je préfère des tétées en connexion avec bébé plutôt que de gérer le tire lait sur l’autre sein en même temps.

Et puis la journée au boulot sur une amplitude horaire journalière de 10h, sans tétées pour ma part j’ai les seins qui explosent lol, puis aussi tôt dans l’allaitement il y a un risque de baisse de lactation si il n’y a pas stimulation.

Mais il faut savoir que, en France, nous avons la chance qu’il soit inscrit dans le code du travail qu’une mère en tant que salariée a le droit pendant 1 an, à un aménagement de son temps de travail réduit d’1h00 (non rémunérées sauf si disposition conventionnelle), répartie en 2 pauses de 30 minutes (une le matin et une l’après-midi) dédiées à l’allaitement.

Vous pouvez trouver tous les textes de références ici :

Sous-section 4 : Dispositions particulières à l’allaitement

Sous-section 5 : Dispositions particulières à l’allaitement

Section 7 : Local dédié à l’allaitement

Il existe donc des solutions afin qu’un mère à sa reprise d’activité puisse continuer d’allaiter son enfant, soit en tirant son lait dans la journée au travail pour continuer de stimuler la lactation et stocker du lait pour ses absences, soit naturellement si la mère peut accueillir son enfant sur son lieu de travail pour lui donner le sein.

Alors il ne faut pas hésiter. Le patron ne sera peut être pas content mais c’est votre droit et il ne peut pas aller à l’encontre de cela (du moins il le peut pour la présence de l’enfant sur le lieu de travail si cela ne répond pas aux normes de sécurité mais pas pour le tire-lait).

Pour ma part, ce n’est ni l’un ni l’autre car j’ai une double chance énorme…

La chance de travailler dans une équipe super, compréhensive et surtout très bienveillante. Mais j’ai également la chance d’avoir un homme génial qui est également un SuperPapa (bon ne le lui dites pas hein sinon il va prendre la grosse tête… Puis il est formidable OK, mais ça n’empêche pas que parfois… grrrrrr lol).

Bref, ma reprise est beaucoup plus douce pour notre allaitement que pour la majorité des femmes en France (car dans d’autres pays c’est beaucoup plus intégré dans les moeurs et des moyens sont réellement mis en place pour facilité la poursuite de l’allaitement), mais également très sportive (et c’est là qu’une bonne hygiène alimentaire est primordiale pour tenir le choc mais également pour apporter encore plus de bonnes choses à bébé, voir même complémenter avec des vitamines, mais ça c’est à voir avec un professionnel de santé ou un spécialiste de l’allaitement).

J’ai, encore une fois, la chance d’habiter à côté de mon lieu de travail (200m) et pour des raisons aussi bien humaine que logistique, mon chef d’établissement a accepté que je rentre chez moi pour allaiter mon fils 2 fois par jour en plus de ma pause repas. Et si je peux me permettre de le faire c’est surtout parce que j’ai MiniPanda à la maison, car PapaPanda a pris son congé parental afin de gérer les petits et pour nous offrir cette chance de poursuite de l’allaitement (puis il faut reconnaître que peu de places en crèche et trouver une nounou à même de gérer Mlle en périscolaire et Mini toute la journée en plus de nous coûter un bras aurait été compliqué).

Je fais donc 3 fois l’aller-retour pour 30 minutes. Alors le matin et l’après-midi ça va car bébé fait des tétées express et généralement je suis de retour en 20 minutes (je ne veux pas abuser du privilège que j’ai) par contre j’avoue que le midi 30 minutes pour faire l’aller-retour, donner la tétée et manger un bout c’est speed. Et à la fin de la journée je suis crevée, car déjà que pour mon boulot je marche beaucoup, là les aller-retour (surtout que j’habite dans une rue très pentue) c’est sportif … Rendez-vous dans trois mois pour voir si au moins ça me fait perdre du poids (vu que je n’ai rien pris pendant la grossesse mais que comme pour Mlle je prends pendant l’allaitement mdr).

Cette solution demande un certain temps d’adaptation.

Nous en sommes encore qu’au début mais même si cette opportunité elle est fatiguante pour moi, elle est vraiment plus douce pour Mini.

En effet, le point positif est que, lorsque Papa sent que Mini à faim, il m’envoie un petit message et, si je suis disponible, je prends ma pause et je rentre l’allaiter. Si je ne suis pas disponible sur le moment, Papa a toujours la possibilité de lui donner du lait que j’ai réussi à congeler (soit au bibi, à la seringue bref comme il peut), le temps de le faire patienter en attendant que je puisse me libérer.

Pour le moment, cela fonctionne plutôt bien et Mini n’a pas eu encore besoin de complément de mon lait donné par papa, et en dehors de mes heures de travail cela reste comme jusqu’à présent tétées à la demande ce qui permet de combler le manque éventuel, stimuler +++ la lactation et faire de gros câlins lol.

Puis avec le temps, Mini va commencer la diversification et les tétées la journée deviendront plus des tétées câlins que des tétées nourricières (même si toujours très nutritives). Je pourrais donc jusqu’à ses un an (bon en gros jusqu’à ses 11 mois vu que pour ses 1 an je serai en vacances), faire les aller retour si besoin mais de plus en plus sereinement (alors que pour le moment ses besoins sont intenses).

Je suis loin d’être la WonderMaman que je rêve d’être, mais j’essaie de faire en sorte de leur apporter le meilleur (enfin ce qui me semble l’être, et mes cris ne comptent pas, ça c’est MamanDragon qui parle ).

Tout ça pour dire que oui, travailler et continuer à allaiter c’est possible. Plus ou moins facilement selon votre travail (et surtout votre employeur), votre situation géographique. Mais nous avons la chance, nous mères en France, d’avoir des droits. Alors n’hésitez pas à les faire valoir, car parfois cela peut faire bouger les choses et vous pourriez être agréablement surprises. Par exemple, je savais qu’ils accepteraient mon “heure allaitement” car c’est un droit, mais pas forcement mes aller retour pour allaiter tranquillement chez moi plutôt que de tirer mon lait, et qui sait peut-être que si vous êtes plusieurs à demander l’employeur mettra en place comme dans certain pays des salons lactées (lieux dédiés à l’allaitement et tire-allaitement dans l’établissement ou à proximité ) voir même pour les grosses structures, insuffler l’idée de micro-crèches interne ce qui réduirait les problèmes de mode de garde et faciliterai la pérennité de l’allaitement grâce à la proximité de l’enfant (et permettrai un travail plus efficace car la maman même biberonnante travaillerai plus sereinement sachant son enfant à coté, mais bon avant que les employeurs le comprennent.. Bref).

Quand on veut vraiment quelque chose, il faut essayer de s’en donner les moyens. Et même si tout le monde ne peut pas avoir la chance, comme moi, d’habiter à côté de son lieu de travail, il y a des dispositions possibles et obligatoires (selon la taille de la structure) afin de vous faciliter la vie. Ce n’est pas toujours simple, je le conçois, cela implique parfois des sacrifices et peut engendrer de la fatigue, mais il faut peser le pour et le contre et voir ce qu’il y a de mieux pour vous et votre mode de vie.

Je voulais juste faire valoir mon droit à allaiter tout en travaillant, pouvoir au moins essayer de tirer mon lait afin de pouvoir nourrir mon enfant et stimuler ma lactation pour pérenniser notre aventure lactée. Et sur un coup de poker, j’ai eu mieux que ce que j’aurai pu espérer.

Allaiter et travailler c’est possible, il faut juste oser s’en donner les moyens! Cela ne garantie rien, et même sans travailler on peut rencontrer des difficultés, mais savoir que c’est possible c’est aussi aider à se projeter et je pense que cela aide et peut-être qu’un jour cela fera taire les préjugés sur l’allaitement bien propre à notre société.

Être mère, allaitante, tire-allaitante, biberonnante, n’empêche en rien d’être une Femme active (sous toutes ses formes car même à la maison les mères sont souvent plus actives qu’en travaillant). Avoir des enfants, ne diminue en rien nos capacités et notre productivité, et même, au contraire cela les accroit à mon avis.

Alors n’ayez pas peur de demander ce qui vous ai dû, de peur d’être dévalorisée professionnellement aux yeux des autres du fait d’être une mère. Au contraire, ils ne pourront que fermer leur bouche quand ils verront que vous gérer tout de front car Oui, vous êtes une WonderWorkingMum.

Une réflexion sur “Allaiter et travailler, est-ce vraiment compatible?

  1. PoupetteWorld dit :

    Ce fut un plaisir d’allaiter ma fille. Même après ma reprise, j’ai continué à l’allaiter matin et soir puis j’ai dû arrêter à cause de mes déplacements, ce n’était plus possible.
    Mais ce fut vraiment une belle aventure.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *